Une récente enquête Ipsos dévoile le rapport des femmes africaines à la beauté. Une perception qui diffère des pays anglophones aux pays francophones. Et qui fait se confronter les notions de naturalité et d’artificialité.

Pour la 2e édition de sa conférence annuelle organisée au Musée Dapper, Ipsos a consacré une étude dédiée aux femmes africaines conduite dans sept pays de l’Afrique subsaharienne : Nigeria, Kenya, Ouganda, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Cameroun et Sénégal.

Les résultats de l’enquête dressent le portrait de femmes engagées (65% des femmes africaines votent), de plus en plus indépendantes et optimistes (72% souhaitent une indépendance financière). Et révèlent des comportements de consommation, aspirations, inquiétudes et habitudes d’achat.

Des habitudes qui sont la conséquence de représentations culturelles. Parmi elles, le rapport à la beauté va jouer un rôle déterminant quant au positionnement et à la stratégie d’implantation des marques de cosmétiques et beauté sur le continent.

D’après l’étude, les produits et services beauté représentent 13% du budget des femmes africaines. Un secteur important qui arrive en 3e position après la mode et la consommation alimentaire.
La peau claire, atout pour une femme ? Des différences marquées entre les pays

On découvre ainsi que pour 62% des Sud-africaines, la peau claire est un atout, contre seulement 18% des Ivoiriennes. Les Kényanes, les Nigérianes et les Ougandaises étant en majorité d’accord avec leurs homologues sud-africaines. A contrario, la peau claire n’est pas nécessairement un critère de beauté pour les francophones.

Si la question de la consommation de produits éclaircissants n’a pas été abordée lors de la conférence, il y a une différence notable entre les habitudes d’achat des femmes africaines anglophones et les francophones dans le secteur de la beauté.

« En Côte d’Ivoire, on va privilégier nos gammes de soins du visage à base de végétaux, tandis qu’en Ouganda l’offre va se concentrer sur les parfums », a analysé Jacek Roznovicz, directeur Afrique d’Yves Rocher lors de la conférence.
Cheveux naturels VS coiffures artificielles : la tendance s’inverse

Cette dichotomie entre la naturalité et l’artificialité des pays anglophones et francophones va s’inverser concernant les habitudes de coiffage. Pour 68% des Kenyanes, les femmes africaines sont plus belles lorsqu’elles portent des coiffures naturelles. A l’inverse, seulement 3% des Ivoiriennes sont d’accord sur ce critère de beauté. Celles-ci aborderont plus volontiers des tissages et des cheveux défrisés.

Pour conclure, à l’affirmation « la beauté est d’abord une affaire de physique avant une affaire de parure », les femmes africaines francophones sont à 67% d’accord. Les femmes anglophones sont quant à elles, environ 30% d’accord.

« Pour 95% des femmes d’Afrique de l’Ouest francophone, les cheveux et la beauté doivent s’artificialiser », a conclu Florence De Bigault, directrice d’Ipsos Afrique francophone.

intothechic.com

LAISSER UN COMMENTAIRE